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Le Bassin Minier du Nord

Le Bassin Minier du Nord

Le 21 décembre 1990, les derniers mineurs du Pas-de-Calais remontaient l’ultime berline de charbon mettant fin à 250 années d’exploitation minière. A peine vingt ans plus tard, le bassin minier tant décrié s’offre une nouvelle destinée. La nature a repris ses droits sur les grises collines et les activités de loisirs ne cessent de se développer.

Du ski sur un terril, qui l’eût cru ? Et pourtant ! A Noeux-les-Mines, un ancien terril a été aménagé en piste de ski. Eté comme hiver, les amateurs de glisse peuvent s’adonner à leur sport favori sur l’une des plus grandes pistes synthétiques en Europe. En 2006, on y a même aménagé un stade de glisse unique en France avec un snow-parc, un half-pipe ou encore un champ de bosses ! Un curieux pied de nez pour ce lieu qui quelques années plus tôt transpirait le dur labeur. Loisinord à Noeux-les-Mines n’est pas le seul exemple de reconversion surprenante. A Loos-en-Gohelle, on pratique le parapente du sommet des terrils du 11/19, les plus hauts d’Europe avec 140 mètres de dénivelés. Le bassin minier a bien changé. Montré du doigt il y a encore quelques années, il constitue aujourd’hui une véritable fierté, un patrimoine que l’on brandit comme étendard. Imaginez : en deux siècles et demi, deux milliards de tonnes de charbon ont été arrachées au sous-sol de la région ! Comment ne pas s’en souvenir ? L’exploitation minière a façonné nos paysages mais aussi nos mentalités.

La découverte du charbon

La première veine de charbon dans le Nord Pas-de-Calais a été découverte en 1720 à Fresnes-sur-Escaut. Mais son exploitation ne va réellement commencer qu’à partir de 1841, suite à la découverte de charbon dans le jardin de la famille Declercq à Oignies. A l’époque, on comptait environ 9 000 mineurs. Ils seront 100 000 au début du Xxe siècle et plus de 200 000 après la Seconde Guerre mondiale ! Inutile de signaler dans quelle mesure le bassin minier a contribué à l’essor économique du pays. C’est tout simplement colossal. A la Libération, alors que les Houillères sont nationalisées, les 200 000 gueules noires entendent l’appel de Thorez, vice-président du Conseil. Il faut relever l’économie de la France. L’objectif de 100 000 tonnes de charbon par jour est atteint. Le bassin du Nord-Pas de Calais produit alors la moitié du charbon français. Et pourtant, la fin des Trente Glorieuses sera cruelle. Jugés de moins en moins rentables, les gisements sont peu à peu condamnés. Dans les années 1960, on aborde tout doucement la douloureuse question de la reconversion. L’arrêt de l’exploitation décidé en 1983 ne sera effectif qu’en 1990. On connaît la suite. La reconversion se révèlera extrêmement compliquée. Des familles entières seront touchées par le chômage. Aujourd’hui, de multiples actions sont menées afin que l’histoire du bassin minier ne tombe pas dans l’oubli.

Lewarde : la mémoire de la mine

Et pour cause. Il suffit d’écouter les guides du Centre historique minier de Lewarde (plus grand musée de la mine en France), la plupart pensionnés des Houillères, pour comprendre que le métier de mineur était un métier à part. Il leur fallait affronter de nombreux risques pour descendre au fond : la poussière, le bruit, la chaleur, l’humidité. Sans compter la silicose qui grignotait peu à peu et de façon irréversible leurs poumons. Bien sûr au fil du temps, les progrès techniques et sociaux ont allégé la peine de ces hommes. Quoique… il fallut attendre bien des années pour que les gamins de moins de 13 ans ne s’épuisent pas à étayer les veines… Mais malgré ces avancées, le métier resta l’un des plus difficiles physiquement et psychologiquement. Imaginez-vous ne jamais voir la lumière du jour des heures durant. Ainsi à Lewarde, dix chantiers d’extraction du charbon retracent l’évolution du métier, du XIXè siècle jusqu’aux années 1990. Une chose étonnante se dégage de ces guides : la joie de vivre. L’esprit de camaraderie est en effet légendaire chez les mineurs. C’est sans doute ce qui a permis la cohabitation de 17 nationalités (Polonais, Algériens, Marocains, Belges…) au fond dans les années 1990.

La reconquête

Aujourd’hui, ce croissant de 120 kilomètres, allant de Bruay-La-Buissière à Valenciennes, abrite les vestiges de cette exploitation. Et quels vestiges ! La nature a peu à peu repris ses droits et ces anciennes montagnes de résidus schisteux abritent aujourd’hui une flore tout à fait exceptionnelle. L’Achillée millefeuille, plante généralement habituée au climat méditerranéen, apparaît ci et là sur les plans inclinés des terrils. Des sentiers de randonnées permettent ainsi de découvrir les quelque 250 plantes qui redessinent le visage de ce bassin minier que l’on croyait immuable. De vastes projets culturels voient également le jour en lieu et place d’anciens charbonnages. L’ex-salle des pendus du site du 11/19 de Loos-en-Gohelle s’est transformé en espace d’expression scénique. Culture Commune, nom évocateur donné à cette fabrique théâtrale, fait ainsi vibrer le bassin minier au rythme de spectacles inédits. Denain, Lewarde, Loos-en-Gohelle, Oignies, La Sentinelle et Wallers : six édifices viennent de se voir classés aux monuments historiques. De belles reconnaissances pour que cette page de l’histoire ne s’efface pas de nos mémoires.

Les Hauts-de-France sont un haut-lieu de l'Histoire de France ! Retrouvez une sélection d'articles sur l'Histoire du Nord ! Bonne lecture !

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